Industrie

Malformations faciales : il est encore temps de faire un don pour produire un dispositif médical made in Besançon

Publié le 13 janv. 2026, Modifié le 13 janv. 2026 - Écrit par Tiphaine Ruppert-Abbadi

"Notre ambition était de faciliter l’accès des enfants atteints de malformations faciales à un dispositif médical qui fait partie intégrante d’un parcours de soin long et complexe, mais aussi de fluidifier la production de cet équipement." Pour Benjamin Billottet, dirigeant d’Ennoïa, entreprise bisontine d’ingénierie biomédicale dédiée à la chirurgie humaine et vétérinaire, le résultat de la campagne de financement participatif, lancée le 27 octobre 2025 en partenariat avec l’APFFP pour soutenir la production de distracteurs personnalisés, est décevant. En France, les malformations faciales représentent 1 naissance sur 1 000.

Reconnaissant envers les donateurs qui ont permis d’atteindre la somme de 2 000 € sur les 6 000 demandés (le coût d’un seul dispositif), il constate : "Nous avons reçu énormément de soutien et l’information a bien été partagée, mais les dons n’ont pas suivi, y compris de la part d’entreprises dont j’imaginais qu’elles pourraient être intéressées par du mécénat".

La société, implantée sur la technopole de Besançon (25), s’est engagée il y a 3 ans aux côtés du service de chirurgie maxillo-faciale et chirurgie plastique pédiatrique de l’hôpital Necker à Paris et de son chef, le Pr Arnaud Picard, pour reprendre la conception de distracteurs en titane, des dispositifs médicaux dynamiques sur mesure (classe II b) permettant de pallier l’absence de croissance osseuse chez de jeunes patients atteints notamment de fentes labio-palatines. Les enfants concernés sont âgés de 10 ou 11 ans, afin d’anticiper, d’un point de vue morphologique, l’entrée dans l’adolescence et ses enjeux sociaux et d’image.

Un vide de solution pour les patients

"Il existait déjà un dispositif semblable mais sa production a été arrêtée. Je savais qu’Ennoïa avait les compétences pour le développer et l’industrialiser. Il s’agit vraiment de notre cœur de métier", ajoute le dirigeant, qui jouit d’une expérience de 15 ans dans la chirurgie cranio-maxillo-faciale et voyait aussi dans ce projet l’opportunité de produire en propre son premier dispositif médical. De plus, Ennoïa fabriquera l’ensemble de l’équipement : "Auparavant, une partie était réalisée par les prothésistes dentaires dans les centres hospitaliers mais tous n’ont pas cette ressource".

À travers l’appel aux dons, l’objectif de l’entreprise était de permettre à une cinquantaine d’entre eux, pris en charge par des centres hospitaliers de référence (dont Besançon), d’accéder plus rapidement à ce dispositif. Coût de production de 50 distracteurs : 300 000 €. L’équivalent de ce qu’elle a déjà investi. "C’est notre métier d’industriel que de s’engager, de prendre des risques. Nous n’allons pas stopper le projet. Le chemin sera juste plus long et les demandes de patients seront examinées au cas par cas avec les hôpitaux. Ce sera de la production unitaire."

L’équipe dédiée (3 personnes sur les 7 employées par Ennoïa) procède désormais aux derniers tests pour un lancement de la production courant 2026. Plusieurs patients, issus de 3 centres hospitaliers, se sont déjà manifestés pour recevoir bénéficier d’un distracteur. "Le vide de solution actuel créé une réelle attente." Il est encore possible de donner, soit via la plateforme de crowdfunding Ulule soit en contactant directement Ennoïa.

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