La société Usiduc (90), spécialisée dans l'usinage et le décolletage de précision, espère tourner définitivement la page de l'épisode ACI et des difficultés rencontrées depuis le début des années 2020 (1). Elle a été sauvée in extremis de la liquidation judiciaire le 1er avril 2026 par Ocean Peak Group, société d'investissement indépendante française, fondée en 2024 et spécialisée dans l'industrie. Le fonds détient aujourd'hui 7 sociétés dont 5 sur le territoire national, pour un chiffre d'affaires combiné de plus de 100 millions d'euros. “Nous nous concentrons sur les industries clés de la souveraineté, et sur la préservation des savoir-faire dans les territoires. Nous sommes un investisseur de long terme car l'industrie s'inscrit dans ce temps long, nécessitant des investissements sur longue période pour construire croissance et compétitivité pérennes”, précise Anne Bassac, directrice chez Ocean Peak.
Des salariés fidèles, un argument décisif dans la reprise :
L'entreprise fondée en 1993 et qui aura connu 4 dirigeants, compte aujourd'hui 15 salariés. Quatre d'entre eux exercent des postes clés (directeur de site, directrice commerciale, responsable de production) et responsable Qualité au sein de la société depuis respectivement 13, 17, 20 et 7 ans. “Cela a été fondamental dans notre choix de reprise”, ajoute Anne Bassac.
Présente historiquement dans les domaines de l'aéronautique, du spatial, du médical, de l'énergie et de l'automobile, Usiduc a fait son entrée dans le secteur du luxe après le Covid. “Il représente plus de 25 % de notre chiffre d'affaires avec des clients dans le très haut de gamme”, confie Stéphane Berçot, directeur de site. 80 % de la clientèle se situe dans le quart Nord-Est. L'objectif du nouveau propriétaire est d'atteindre 4 M€ de chiffre d'affaires d'ici 2030, un niveau que la société avait connu en 2017 et 2018. Spécialiste de l'usinage de précision depuis plus de 30 ans, Usiduc a acquis une large expertise technique et se distingue également par l’usinage sur tous types de matériaux : “La société a commencé dans les composites et les plastiques pour se tourner ensuite vers les métaux ferreux, puis vers les superalliages comme l'inconel ou des alliages à base de titane”, ajoute Stéphane Berçot.
L’entreprise s'appuie sur un vaste parc machines composé de 11 centres d'usinage multi-axes, d’une décolleteuse 12 axes et d’un centre de tournage 2 axes, “ce qui nous permet de répondre à des demandes allant du prototype à la grande série”. Nous sommes également très bien équipés en moyens de contrôle, 2 machines tridimensionnelles Zeiss (Contoura et Duramax), un contourographe Mahr CD 140 et microscope. Côté certifications, la société est certifiée ISO 13485 et a engagé une démarche de renouvellement de l'EN 9100.
La fabrication de tubes isolants en résine, une spécialité maison
L'autre particularité de la société réside dans la fabrication de tubes isolants en résine sur des dimensions allant de Ø 5 à 200 mm. On les retrouve, par exemple, dans les batteries de satellites, de torpilles ou encore dans les têtes de foreuse pour le pétrole. “Cette activité représente 10 % de notre chiffre d'affaires. Nous avons tout le potentiel et la demande client pour la développer encore ”, observe Sylvie Carisey, directrice commerciale.
L'ambition d'une plateforme d'usinage en Bourgogne-Franche-Comté :
Le fonds d'investissement Ocean Peak Group poursuit l'ambition de renforcer sa présence en Bourgogne-Franche-Comté. “Notre objectif est de construire une plateforme intégrée d'entreprises spécialisées dans l'usinage dans cette région, pesant à terme entre 20 et 25 M€. L'objectif est d'en faire un véritable partenaire industriel pour ses clients, au-delà de la simple sous-traitance, en combinant capacités, expertises et innovation”, conclut Anne Bassac.