À 60 ans, Philippe Boulette-Scola, président-fondateur du groupe Infiplast (01), a toujours l’envie d'entreprendre chevillée au corps. Il vient de finaliser fin avril 2026 le rachat de la société PMB Plast (25), spécialisée dans la conception et fabrication de moules, l’injection et micro-injection de thermoplastique. Au fil des années, cette entreprise s’est imposée comme un acteur reconnu dans l’univers des dispositifs médicaux et plus particulièrement du diagnostic in vitro : le secteur de la santé représente plus de 80 % de son chiffre d’affaires. Implantée aux portes de Besançon, l’entreprise dirigée jusqu’ici par Florent Reymond, a développé des compétences techniques à forte valeur ajoutée, qui ont motivé l’intérêt du dirigeant aindinois. "Cette opération vient renforcer l’expertise de notre groupe et nous ouvre de nouvelles perspectives dans le domaine de la micro-injection, elle nous permet aussi d’intégrer un atelier mécanique, un savoir-faire supplémentaire", argumente Philippe Boulette-Scola, qui avait déjà conclu en 2008 le rachat d’une société bisontine avec Curtil Plastique.
Des investissements industriels soutenus dans les dispositifs médicaux
Basé à Oyonnax, Infiplast produit aujourd’hui une cinquantaine de dispositifs médicaux destinés notamment à l’oncologie, la cardiologie, l’ophtalmologie, la chirurgie, le secteur dentaire et le diagnostic in vitro. Plus de 70 % de l’activité du groupe est désormais orientée vers la santé. En 2025, la société a investi plus de 6 millions d'euros pour doubler ses capacités de production en salles blanches ISO 5, ISO 7 et ISO 8. "Nous disposons désormais d’un atelier de 3 000 m² fonctionnant en 3 × 8. Au-delà des activités d’assemblage, nous avons développé des solutions technologiques avancées autour de l’injection silicone, du marquage et de la soudure laser, ainsi que du collage UV avec traitement de surface, nous sommes équipés pour réaliser des dispositifs médicaux de la co-conception à la mise sur le marché en passant par l’industrialisation et la réglementation", précise le fondateur du groupe, créé en 1988.
Un enjeu de souveraineté industrielle autour des puces microfluidiques
L'industriel, à la tête d'une équipe de plus de 85 salariés, travaille en collaboration partenariale avec le CEA-Leti de Grenoble dans la création d'une plateforme filière d'industrialisation de puces microfluidiques en région AURA, destinées à la santé pour le diagnostic principalement. Ce projet s’inscrit dans le programme France 2030 en Auvergne–Rhône-Alpes et répond à un enjeu de souveraineté nationale et européenne. "L'extension de nos capacités de production répond également à l'émergence de nouveaux marchés innovants dans le domaine de la bioproduction et des thérapies cellulaires et géniques. Cette collaboration renforce notre identité forte en matière de co-conception et de co-industrialisation avec des projets de développement de plus en plus complexes et à forte valeur ajoutée", observe le dirigeant, très attentif aux innovations.
Une présence en Chine pensée comme un observatoire industriel
Le groupe est également implanté en Chine depuis 2019, dans la province du Jiangsu, entre Suzhou et Shanghai. Cette structure d’une vingtaine dizaine de collaborateurs accompagne l’activité historique d’Infiplast dans l’automobile pour le marché Asiatique. Pour Philippe Boulette-Scola, cette unité constitue également un levier de veille technologique. "La Chine a connu, en quelques années, une transformation spectaculaire, passant du statut “d’usine du monde” à celui d’un acteur industriel présent dans la quasi-totalité des secteurs. Le niveau d’ingénierie y très élevé et la nouvelle génération d’industriels chinois a une vision résolument mondiale des marchés", constate le dirigeant, tout à la fois inquiet et admiratif.