Près de 10 ans après le rachat du groupe M-Plus, basé à Lachapelle-sous-Rougemont (Territoire de Belfort), à son fondateur François Didier, Philippe De Abreu et François Cortinovis — rejoints par Pierre Petitjean fin 2020 — ouvrent un nouveau chapitre de leur stratégie de développement. Une trajectoire engagée dès 2014, dans un contexte de forte incertitude industrielle. À l’époque, la volonté de General Electric de reprendre les activités énergie d’Alstom (une opération finalisée en 2015) pousse les dirigeants à repenser leur modèle économique. "Nos deux principaux clients représentaient alors 80 % de notre activité. Leur fusion nous plaçait dans une zone de risque importante", rappelle François Cortinovis, président du groupe depuis 2017.
Spécialisé dans la fabrication de pièces complexes et de sous-ensembles en superalliages, métaux durs et aciers inoxydables, M-Plus engage alors une stratégie de diversification, notamment vers l’aéronautique. Le premier projet arrive en 2019. "En tant que nouvel entrant sur ce marché, nous avons dû composer avec des cycles très longs, notamment liés aux processus de qualification des pièces", explique Pierre Petitjean, directeur général.
Une diversification accélérée par une première croissance externe
C’est avec le rachat fin 2023 de Domaero, entreprise de 60 salariés implantée à Issoire, en Auvergne que le groupe M-Plus va pleinement s’ancrer dans les secteurs aéronautique et spatial. "Cette acquisition nous a permis de franchir un cap et de proposer aux clients de Domaero les savoir-faire du groupe M-Plus en chaudronnerie, tôlerie et usinage", souligne Pierre Petitjean. Fort de cette intégration réussie, les dirigeants belfortains finalisent en mai 2026, une nouvelle croissance externe avec le groupe Rubis Précis, 85 salariés, 3 sites de production : 2 dans le Doubs (Micropierre et Rubis Précis) et un en Seine-et-Marne (High Tech Céram).
Le groupe, jusqu’alors dirigé par Philippe Chaney, est un acteur reconnu dans la micromécanique, les assemblages microtechniques et l'usinage de céramiques techniques dédiés à la production de composants critiques, savoir-faire dont il est le leader en France. "Avec cette opération, nous élargissons à la fois notre portefeuille technologique et nous rentrons dans de nouveaux marchés, notamment celui des semi-conducteurs, très dynamique avec l’essor des data centers, mais aussi le médical, le luxe ou encore l’instrumentation. Le groupe Rubis Précis, qui pèsera 25% du chiffre d'affaires du Groupe M-Plus, compte 10 fois plus de clients. Nous poursuivons donc notre stratégie de diversification", détaille Philippe De Abreu, entré en 1985 dans l’entreprise et aujourd'hui directeur général. À la suite de cette acquisition, le poids du secteur énergétique dans l’activité du groupe devrait tomber à 50 %, tandis que l’ASD (Aéronautique-Spatial-Défense) représentera 35 % et les autres industries 15 %.
Un groupe de 430 collaborateurs au service d’une offre intégrée
Le nouvel ensemble, dont l’actionnariat redevient 100 % français, affichera un chiffre d’affaires consolidé de 65 millions d’euros. Réparti sur 6 sites en France et en Europe, il comptera près de 430 collaborateurs. Pour François Cortinovis, cette montée en puissance répond à une demande croissante des donneurs d’ordres industriels : "Nos clients recherchent des sous-traitants capables de proposer une offre “one-stop-shop”. Le nouveau périmètre industriel du groupe M-Plus nous permet de répondre à des besoins allant de la pièce unitaire à la grande série sur des matériaux à haute performance, avec une chaîne complète de savoir-faire autour de l’usinage, la soudure, la tôlerie, la chaudronnerie, la mécanique de haute précision et l’assemblage. Notre valeur ajoutée réside également l'industrialisation des process. Nous pouvons nous appuyer sur nos bureaux d'études et notre RD composés de plus de 30 collaborateurs."
Le groupe M-Plus profitera du salon Eurosatory, organisé à Paris du 15 au 19 juin, pour présenter sa nouvelle offre industrielle et souveraine. "Nous mettrons également en avant notre maturité en matière de cybersécurité, illustrée par notre médaille d’argent obtenue en 2026 dans le cadre de la certification AirCyber, ainsi que notre participation à la deuxième promotion de l’Accélérateur Défense de Bpifrance et de la DGA", conclut Pierre Petitjean.