Fondée en 1990 par Frédéric Escalle, père de l’actuel dirigeant Nicolas Escalle, Systel Électronique (71) s’est rapidement imposée dans l’écosystème du nucléaire civil. Dès ses débuts, l’entreprise a assuré la maintenance des systèmes de caméras embarqués au cœur des bâtiments réacteurs. Dans cet environnement hostile, les composants électroniques et optiques, exposés aux rayonnements ionisants, subissent une dégradation accélérée : pixels morts sur les capteurs, perte de contraste ou jaunissement des lentilles. "Nous devions composer avec les technologies existantes et proposer des solutions de remplacement pour des composants dont la fabrication était parfois arrêtée, ou pour des cartes électroniques propriétaires. Nous avons ainsi développé un savoir-faire unique en traitement de l’obsolescence : réparation des cartes existantes, reconception de cartes équivalentes tout en conservant les interfaces, ou remplacement ciblé de composants. Cette approche permet de réduire les coûts, d’éviter des opérations de requalification lourdes et de limiter les modifications sur des systèmes soumis à des exigences de sûreté strictes", explique Étienne Delestre, responsable commercial. Cette expertise pointue a permis à l’entreprise de diversifier ses activités.
Une présence forte chez EDF
Depuis 2003, Systel Électronique fournit notamment des moniteurs LED pour les salles de commande. Elle assure également la maintenance des systèmes de détection sonore et, plus récemment, la surveillance du bon fonctionnement des dosimètres. "Fournisseur de rang 1 pour EDF sur la partie nucléaire, nous travaillons aujourd’hui à plus de 90 % pour ce client. Nous avons par ailleurs signé un accord-cadre en 2023 pour équiper toutes les centrales françaises de matériels H3D. Il s’agit de spectromètres imageurs industriels pour lesquels nous sommes le fournisseur exclusif sur le marché français", précise Nicolas Escalle, qui dirige l’entreprise familiale depuis 2018.
Installée depuis janvier 2019 dans la zone artisanale de Montchanin (71), Systel Électronique développe une stratégie d’intégration verticale. Elle s’appuie sur un bureau d’études créé en 2009, un atelier de conception et de fabrication, ainsi que des équipes dédiées au montage et à l’installation sur site. "Nous comptons 18 techniciens et ingénieurs intervenant dans les centrales françaises. Certifiée ISO 9001 et qualifiée CEFRI, l’entreprise prépare également l’obtention de la norme ISO 19443 d’ici 2027", ajoute le dirigeant.
Un contrat avec Arabelle Solutions pour la production d’aubes de turbines
Pour enrichir son offre commerciale, Nicolas Escalle a opté pour la croissance externe avec le rachat, début 2026, des entreprises SCGI (Société de Chaudronnerie Générale Inoxydable) et ASTUS (Applications Services et Techniques d’Usinage), toutes deux dirigées par Laurent Duverne et situées en Saône-et-Loire. "Nous changeons de métiers, car ces sociétés sont respectivement spécialisées dans les ouvrages chaudronnés et la mécanique générale, mais nous restons dans le même secteur d’activité, puisque leurs clients sont majoritairement issus du nucléaire. Nous partageons donc cette culture commune", souligne-t-il.
Le chef d’entreprise peut s’appuyer sur un carnet de commandes solide, avec la signature récente d’un contrat avec Arabelle Solutions pour la fourniture d’aubes de turbines. "SCGI était déjà présent sur ce marché, avec une production annuelle d’environ 300 aubes. Nous recrutons donc des soudeurs et des chaudronniers mais également des tourneurs et fraiseurs", indique Nicolas Escalle.
À 44 ans, ce dernier se retrouve aujourd’hui à la tête d’un mini-groupe de 50 salariés. Il se projette déjà sur la World Nuclear Exhibition (WNE), qui se tiendra en décembre 2027, avec l’ambition d’y dévoiler la nouvelle identité qui fédérera ses 3 entreprises.