Dalvard Industrie : un métallier qui donne vie aux œuvres d’art
Publié le 09 janv. 2026, Modifié le 09 janv. 2026 - Écrit par Eric Cuenot
Le point commun entre Le Serpent d’océan, 130 m de long, de l’artiste chinois Huang Yong Ping sur la plage de Saint-Brevin-les-Pins (44), l’installation immersive en hommage à Pierre Perret du couple Delorme sur l’aire de Garonne (A62), ou encore l’une des sculptures des Jeux Olympiques de Paris 2024 ? L’entreprise familiale Dalvard Industrie, à Auxon (70).
L’expert de la déformation des métaux à chaud et à froid s’éloigne en effet occasionnellement le monde de l’industrie pour se mettre au service d’artistes voulant donner vie à leurs géants de métal. Un pas de côté apprécié des équipes, même si l’exercice n’est pas toujours facile. "Nos clients industriels viennent nous voir avec des cotes, des plans… Notre quotidien est fait de précision. Les artistes qui nous passent commande apportent une maquette et nous demandent ″simplement″ de la reproduire en plus grand. La démarche est plus instinctive, cela oblige nos équipes à fonctionner différemment, mais nous y mettons le même sérieux et professionnalisme", explique Romain Dalvard, 3eme génération de dirigeant de l’entreprise. Et d’ajouter : "Parfois une amitié se créé avec un artiste !".
Des œuvres et un parc machines XXL
Pour le parcours artistique dédié à Pierre Perret, une commande de Thierry et Pascale Delorme en réponse à un appel d’offres de Vinci Autoroute pour son aire de Castelsarrasin (82), Dalvard Industrie a découpé dans de la tôle d’acier Corten de 12 mm d’épaisseur, principalement par découpe plasma, 25 silhouettes à taille humaine évoquant l’univers du chanteur et la fraternité, ainsi qu’une plaque mentionnant les femmes de ses chansons.
L’entreprise haut-saônoise a par ailleurs œuvré aux côtés de l’artiste Guela pour la réalisation d’une sculpture de près de 4,5 m de hauteur et de 3 m de diamètre à la base en métal découpé, intitulée ″En équilibre″, en hommage au breakdance. Initialement exposée Place du Québec dans le VIème arrondissement de Paris à l’occasion des JO de Paris 2024, elle trône désormais sur le site de Dalvard. Le métallier a également à son actif plusieurs œuvres de l’artiste Sonja Brissoni (dont les Nœuds I et II, exposés sur le parcours Île d’art à Malans – 70). Leur dernière collaboration s’est achevée posthume. Les lames d’acier utilisées mesurent 60 cm de long et 4 cm d’épaisseur, pour une sculpture complète après assemblage de 22 m.
Un gabarit XXL rendu possible grâce à un parc machines adéquat, pouvant par exemple rouler des pièces jusqu’à 8 m de long. "Les artistes nous sollicitent car notre capacité à prendre en charge ce type de formats permet de diminuer le nombre de soudures sur la pièce. Qui dit soudures, dit risques de casse car elles s’usent avec le temps."
L’entreprise voit dans ces projets atypiques, une occasion d’éprouver "les limites de la matière, voire de mettre au point de nouvelles techniques de déformation". Elle est également très présente sur des missions à la croisée de l’art et de l’urbanisme, comme pour la façade du centre commercial Le Mall, à Beyrouth : "Nous avons cintrés de multiples segments de 200 mm de diamètre pour qu’ils rentrent dans le conteneur et être assemblés sur place. En tout, cela représente une structure d’un peu moins de 12 m de long. Une belle architecture, c’est un peu une œuvre d’art. Les architectes y mettent leur cœur et leur sens de l’esthétique".
Une nouvelle œuvre en tôle découpée est en cours de préparation, qui devrait prendre place courant 2026 sur une nouvelle aire d’autoroute.