Établissements Malatier : du bobinage au moteur brushless, 80 ans de savoir-faire de niche
Publié le 12 janv. 2026 - Écrit par Tiphaine Ruppert-Abbadi
Les Établissements Malatier, entreprise familiale de maintenance de moteurs électriques et de bobinage à Longvic (21), avancent telle une force tranquille, à l’instar de leur domaine d’activité. "Nous faisons de la vente de moteurs, de matériel d’entretien et de matériel électroportatif, mais notre cœur de métier est la réparation et la maintenance de moteurs électriques et de tout ce qui peut être couplé à celui-ci. Tout ce que nous vendons, nous pouvons le réparer. Si les rendements peuvent être améliorés, le fonctionnement d’un moteur, lui, reste toujours le même et notre travail aussi", constate Olivier Malatier, gérant de l’entreprise
Fondée en 1946, les Ets Malatier célèbreront en 2026 leurs 80 ans d’existence avec, à leur tête, la 3ème génération de dirigeant. "J’ai repris la société en 2017, à la suite de mon père et avant lui, de ma grand-mère qui l’a gérée de 1969, au décès de mon grand-père, à 1987." Elle compte aujourd’hui 8 personnes et un peu plus de 600 m² d’atelier, dont la moitié consacrée aux moteurs. Ces derniers représentent entre 70 et 75% de son chiffre d’affaires global, qui s’élevait en 2024 à 1,2 M€. 95% des clients se situent dans un rayon de 50 km. Les moteurs que répare les Ets Malatier sont destinés à l’industrie, à l’agriculture, au tertiaire, à l’agroalimentaire ou encore au pharmaceutique, entre autres. Les plus petits affichent une puissance de 0,18 kW (petits convoyeurs), les plus gros 315 kW (presse à pellets), voire 750 kW (compresseur).
L’enjeu de la compétence
Forte de son ancrage historique et technique, l’entreprise est encore l’une des rares à proposer un service de bobinage. L’une des deux machines utilisées pour rouler les sections de cuivre date même de sa création. "C’est un métier à part entière. Si le travail ne manque pas, la main d’œuvre est devenue rare. Cela fait 25 ans que notre bassin géographique ne forme plus de bobiniers. Or, 3 de mes techniciens, dont 2 bobiniers, ont plus de 50 ans. J’essaie d’anticiper le plus possible leur départ en retraite car la formation en interne prend du temps. Recruter sur ces postes sera un vrai défi ! Il faut de la patience, de la délicatesse et de la minutie."
Experts en savoir-faire de niche, les Ets Malatier misent désormais sur les moteurs brushless – sans balais, un premier grand tournant en près d’un siècle d’existence. "Nous sommes peu nombreux à le faire en Bourgogne-Franche-Comté. Au départ, cette technologie équipait surtout les lignes robotisées des usines automobiles, mais de plus en plus de clients font ce choix, qu’il s’agisse de presse à injecter ou de machine à emballer les palettes. Ce type de moteurs est très polyvalent." Relativement récents, ils sont pilotés par des codeurs et embarquent une part non négligeable d’électronique. "Il faut relever les données de ces codeurs, lire et comprendre les informations qu’ils nous donnent, c’est ce qui fait toute la différence de savoir-faire. J’ai enfin réussi à recruter la bonne personne au mois de juin ! Cela fait 25 ans qu’elle ne fait que cela", se réjouit Olivier Malatier. Les Ets Malatier cherchent à recruter 1 à 2 collaborateurs supplémentaires pour poursuivre leur développement.