Le prochain Micronora se déroulera du 29 septembre au 2 octobre à Micropolis à Besançon. Alors qu’en 2024, plus de 750 entreprises et marques, et plus de 14 500 professionnels des industries de précision s’étaient rassemblés, l’édition 2026 se veut "dynamique, enthousiasmante et très orientée business", grâce à un visitorat toujours plus qualifié. Fanny Chauvin, la directrice générale du salon international des microtechniques, répond à nos questions.
Comment s’annonce Micronora 2026 ?
Fanny Chauvin : "Cela s’annonce comme une très belle édition, nous sentons un réel engouement… mais nous restons vigilants compte tenu du contexte géopolitique actuel. Il n’est pas simple d’être une entreprise aujourd’hui. La communication, et notamment la participation à des salons professionnels, est très importante pour les entreprises, cela leur permet d’être visibles, de montrer tous les savoir-faire dans lesquels elles excellent et, par conséquent, de pouvoir capter des marchés dès le retour à la normal. C’est peut-être pour cela que nous avons un taux d’occupation de 85%, c’est plus qu’en 2024 à la même époque. Nous sommes donc confiants : dynamisme, enthousiasme et business sont les maîtres mots de cette nouvelle édition ! Et nous œuvrons depuis presque 18 mois à renforcer la qualité du public."
À quoi sera consacré le Zoom ?
F. C. : "Cette année, le Zoom s’intitulera : les microtechniques, vecteurs incontournables de l’aéronautique, spatial et défense (ASD). Certains industriels ne s’en aperçoivent pas toujours mais il y a des microtechniques partout ! Avec le besoin d’économiser l’énergie et les ressources, la miniaturisation s’impose. Nous avons choisi cette thématique bien en amont, dès la fin 2024. Cela nous a permis de nous ouvrir à des acteurs essentiels lorsque l’on évoque l’ASD : le cluster ASD du PMT, partenaire de cette édition, le Gifas, la Direction générale de l’aviation civile, la Direction générale de l’armement, l’Agence spatiale européenne, le Centre national d’études spatiales… L’objectif est vraiment de faire connaître le plus d’exposants et savoir-faire possibles aux structures prescriptrices. Ces dernières interviendront, le 30 septembre, lors d’une journée thématique complète, pour proposer un état des lieux de la filière et expliquer comment travailler dans ces secteurs. Le Zoom est toujours plus pédagogique que commercial. Il est également important pour nous de connecter les grands groupes et les PME. Ils sont complémentaires dans leurs capacités à innover et à être agiles."
Quels seront les autres temps forts du programme ?
F. C. : "La 15ème édition du Micro & Nano Event, un événement dans l’événement, se déroulera les jeudi et vendredi. L’exposition de 2024 reviendra sous une forme un peu remodelée, intégrant la thématique ASD. Ce sera une véritable plongée dans l’histoire de Micronora. Petite nouveauté, cette années les entrées se feront depuis les halls C et A1 afin de fermer l’espace central et d’y programmer les conférences. En parallèle des conférences techniques, nous proposerons une programmation plus généraliste. L’idée était d’inviter des intervenants d’horizons variés pour des regards croisés. Nos industriels composent avec de nombreuses contraintes et ne peuvent pas toujours sortir la tête de l’eau. Micronora, c’est aussi cela : découvrir autre chose, écouter des gens inspirants qui ont trouvé des solutions et réinsuffler un peu de positivité. Nous accueillerons ainsi Pierre Gattaz, président directeur général de Radiall, ancien président du Medef, actuel président de l’Institut des solutions et parrain du salon. Le sénateur du Territoire de Belfort, Cédric Perrin, président de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées et parrain du Zoom 2026 interviendra lui aussi. Samuel Tual, président du groupe Actual, Awa Sagna, actrice, mannequin et entrepreneuse, ou encore Mickaël Piétrus, basketteur français ex-membre de la NBA, interviendront aussi. Mais que les participants se rassurent, nous ne voulons pas révolutionner Micronora ni le lien singulier entre le salon et les entreprises qui nous suivent avec fidélité."
La jeunesse fait une nouvelle fois partie des publics cibles ?
F. C. : "Nous travaillons pour donner envie à la jeunesse de rejoindre nos filières. Comme en 2024, nous organisons le concours ″Gagne ton stage de 3ème dans l’industrie″, en partenariat avec Territoire d’Industrie Alliances Luxe et Précision et le Campus des métiers et qualification microtechnique et systèmes intelligents. Nous poursuivons également l’accueil d’élèves mentorés par des étudiants en études supérieures pour fabriquer un objet durant Micronora. Cette année, un espace sera d’ailleurs dédié à leurs créations. Jusqu’à présent, ces objets n’étaient pas montrés au public. Les classes de la région viennent très régulièrement mais nous sommes aussi sollicités par des élèves de toute la France. Plus généralement, sur la question de l’emploi, nous avons décidé avec les partenaires publics qui portent Cap vers l’emploi, de dissocier le salon de ce forum. Ce champ reste l’une de nos préoccupations mais nous cherchons une autre forme pour l’aborder pour une meilleure accessibilité à nos deux événements respectifs."
Qu’en est-il de l’exportation du salon : y aura-t-il un Micronora canadien et pourquoi le Canada ?
F. C. : "Notre salon bisontin est vraiment un concept. Nous apportons du conseil à nos exposants, nous sommes là pour eux, pour apprendre à les connaître et à appréhender leur stratégie. Nous ne sommes pas une plateforme. De plus, dans les domaines du submillimétrique et de la précision, notre salon est celui qui a la chaîne de valeurs représentée la plus large. Les Canadiens ont apprécié cette formule ″made in Micronora″. Aujourd’hui, même si le salon est international, nous nous adressons principalement aux Européens. Or, encore une fois, les microtechniques sont partout. Notre volonté était de proposer un Micronora Americas, ce salon de niche dédié aux microtechniques n’existe pas là-bas. Le Canada s’est imposé car Montréal est la troisième ville aéronautique du monde après Seattle et Toulouse. Et l’aéronautique est le premier secteur qui nous visite. Montréal cochait toutes les cases : on y trouve aussi des industries de précision et du médical. Le bilinguisme facilite les échanges et les affaires. La première édition aura lieu du 14 au 16 septembre 2027, sur 5000 m2, au Palais des congrès. Nous ferons le déplacement avec certains de nos exposants et en chercherons sur place. Pour nos PME, c’est une opportunité de partir de manière encadrée, en terrain connu. Nous attendons également des exposants du Mexique, du Brésil, d’Argentine ou du Chili, de gros faiseurs en microtechniques. C’est une belle aventure ! À chaque fois que je m’y rends, je prends une dose de positivité ! Ce sont des gens curieux et gourmands d’innovation. Nous y allons avec beaucoup d’humilité, en douceur afin de se donner toutes les chances de réussir."