Depuis son rachat par son directeur général, Stéphane Bayle, en décembre 2024, la société jurassienne CTS a profondément transformé son positionnement marché. L’entreprise, dépendante à plus de 40 % de l’automobile il y a 3 ans, n’y réalise plus que 3 % de son activité aujourd’hui. Pour compenser cette baisse, elle a su se diversifier vers de nouveaux secteurs, tels que la haute joaillerie, la connectique, et bientôt l’aéronautique. "CTS est fortement liée à l'histoire de la lunetterie dans le Haut-Jura. Notre ADN repose sur la précision industrielle, l'esthétisme, le souci de la finition des pièces. Travailler pour la haute joaillerie s’inscrit dans cette continuité. Ce qui la différencie des autres secteurs d'activité au-delà du prix unitaire des pièces, c'est le volume. Nous sommes sur un marché de niche, très technique avec des exigences esthétiques élevées, ce qui correspond parfaitement à notre savoir-faire", précise Stéphane Bayle.
Côté innovation, CTS a développé, depuis fin 2024, une expertise dans le traitement de surfaces sur aluminium en maîtrisant notamment les process de revêtement métallique avec l'étain chimique et de passivation chimique. "Nous débutons nos premières séries en septembre pour un industriel du secteur de la défense, puis en octobre pour des pièces dédiées à l’électro-mobilité. J'ai la chance de pouvoir m'appuyer sur des équipes qui sont toujours en mouvement et qui ont cette capacité à travailler et à se mobiliser sur de nouveaux process et matériaux. Nous faisons partie des rares sociétés en Europe à maîtriser l'étamage sur aluminium", souligne-t-il.
La certification EN 9100 pour 2027
L'entreprise, qui emploie 55 collaborateurs, mise également sur l'aéronautique. Elle a investi ces 2 dernières années dans de nouvelles installations et prépare activement la certification EN 9100 prévue pour janvier 2027. "Nous avons transposé de nombreux savoir-faire issus de la lunetterie, comme les applications multicouches ou le masquage. Nous avons validé de nombreuses préqualifications et nos premiers marchés devraient se concrétiser d'ici la fin d'année", ajoute le dirigeant.
Autre force de CTS, basée à Saint-Claude depuis 1968 : ses 22 000 références de peinture. Cet éventail permet à l’entreprise de proposer des solutions sur mesure, notamment pour le marché du luxe. "Nous poursuivons nos développements avec un doctorant coloriste qui travaille sur des applications pour des revêtements organiques et métalliques", conclut Stéphane Bayle.
CTS, qui se positionne comme un partenaire technologique plutôt qu’un simple producteur de commodité en misant sur des procédés de spécialités, présentera officiellement ses innovations dans le traitement de surfaces sur aluminium lors du salon Micronora (29 septembre au 2 octobre 2026 à Besançon).