Même si l’actionnariat a changé depuis 2008, date de la cession de l’entreprise par son fondateur Jean-Robert Bouvier au groupe Euronyl, l’attachement à Plastigray reste intact. Il s’incarne dans la direction générale assurée par Emmanuel Gauss depuis cette date, dans un comité de direction de huit personnes, dont trois évoluent au sein de l’entreprise depuis près de trente ans, mais aussi dans une équipe de salariés fidèles. “Nous avons la chance de pouvoir compter sur un actionnariat flamand qui me laisse une totale autonomie dans la gestion et la stratégie de l’entreprise”, souligne Emmanuel Gauss, arrivé dans la société en 1997 comme technico-commercial.
Créée en 1986 à Gray (Haute-Saône), Plastigray s’appuie aujourd’hui sur deux autres sites : Sousse, en Tunisie, depuis 2004, et Saint-Brice-en-Coglès, en Bretagne, depuis 2006. L’entreprise, qui a fêté ses quarante ans en juillet, a réalisé 26 millions d’euros de chiffre d’affaires et compte 235 collaborateurs, dont 100 sur le site haut-saônois. “Nous sommes une belle PME, mais nous restons un petit acteur face aux grosses ETI de la plasturgie. Grâce à notre politique continue d’investissements menée depuis quatre décennies, à notre maîtrise des différentes technologies d’injection, comme l’injection Sandwich ou le Heat and Cool, à notre bureau d’études et à nos services associés, Plastigray peut se mesurer à des sociétés plus importantes”, estime le directeur général.
Réduire la dépendance à l’automobile
Historiquement tournée vers l’automobile, qui a représenté plus de 70 % de son chiffre d’affaires, le spécialiste de la conception et la fabrication de produits en matières plastiques s’est ouvert à d’autres secteurs d’activité. “Nous avons des plans stratégiques tous les quatre ans. Celui mis en œuvre sur la période 2018-2022 portait sur la diversification de nos clients afin de ramener la part de l’automobile à moins de 50 %. Nous avons atteint notre objectif. Nous continuons à nous développer sur ce marché, où nous sommes fournisseurs de rang 2, sans dépasser ce seuil. Notre présence géographique, à la fois dans l’Est et dans l’Ouest, nous permet de livrer notamment les usines Stellantis de Sochaux et de Rennes-La Janais. La présence, dès 2012, de presses de gros tonnage, jusqu’à 1 500 tonnes, dans notre parc machines, nous a permis de répondre aux demandes très exigeantes de ce secteur”, argumente Emmanuel Gauss.
Une offre tournée vers l’assemblage
La direction grayloise a également développé, dans les années 2010, des prestations d’assemblage, devenues plus complexes au fil des années, comme l’illustre ce marché du pare-soleil pour le compte d’un équipementier automobile. D’une pièce injectée, Plastigray se charge ensuite de rassembler l’ensemble des composants présents dans le produit fini, soit une dizaine, pour en assurer à la fois le montage et les tests de bon fonctionnement. “Cette prestation nous permet d’être très en amont des projets, d’apporter notre expertise de plasturgiste et d’industrialisation de la pièce plastique, qui constitue l’un des composants. Nous adoptons la même démarche avec nos clients dans les domaines de la santé et de l’électronique”, précise le directeur général.
Le développement de matière recyclée et recyclable
Plastigray s’est également illustrée ces dernières années par sa politique d’innovation avec le lancement de PolyÉcoTex, une matière recyclée et recyclable issue du polypropylène. On la retrouve notamment dans la Softbat, première raquette outdoor éco-conçue au monde et fabriquée à partir de fibres textiles recyclées. Lancé en 2017, ce produit est issu d’un partenariat avec la marque de vêtements quimpéroise Armor-Lux et Cornilleau, dernier fabricant français de tables de tennis de table. La raquette a depuis rencontré un véritable succès commercial, avec plus de 400.000 exemplaires produits dans les ateliers de Haute-Saône.
Cette orientation se retrouve dans le plan stratégique 2024-2028, baptisé « EARTH » pour Engagé, Agile, Responsable, Technique et Humain. Celui-ci prévoit notamment de renforcer l’offre « Green » de Plastigray auprès des clients de la société. “Notre ambition est de pouvoir proposer de plus en plus de matières recyclées, fournir l'empreinte carbone des pièces fabriquées à nos clients et réaliser des analyses de cycle de vie produit (ACV) ”, ajoute le directeur général.
L’entreprise entend poursuivre sa trajectoire : une croissance maîtrisée, des investissements dans la robotique et digitalisation, une diversification et une montée en valeur de ses savoir-faire. La société grayloise prépare également la suite avec l’intégration d’une nouvelle génération appelée à écrire les prochains chapitres de l’histoire de Plastigray.