Reval Plastiques : 30 ans d’expérience dans le recyclage des thermoplastiques industriels
Publié le 14 janv. 2026, Modifié le 14 janv. 2026 - Écrit par Tiphaine Ruppert-Abbadi
En 30 ans, la question du recyclage des plastiques, notamment industriels, a creusé son sillon. Précurseur, Reval Plastiques à Mirebeau-sur-Bèze (21), créée en 1995 par Sophie et Didier Vadot, a fêté en 2025 ses 3 décennies d’existence. Des évolutions, des investissements, mais toujours un même objectif : recycler et valoriser davantage cette matière omniprésente, devenue indispensable, mais polluante d’un bout à l’autre de son cycle de vie.
"Au lancement de Reval Plastiques, Sophie gérait la production avec comme seuls équipements un Manitou et un broyeur, tandis que Didier passait son temps sur la route à la recherche de fournisseurs et de clients. Les clients de ce plastique recyclé se trouvaient en France et en Italie", raconte Victorien Gardan, actuel directeur, aux côtés de Leslie Vadot, fille des fondateurs. Aujourd’hui, 80% des rebuts sont récupérés dans un rayon de 200 km auprès d’industriels de la cosmétique, de l’automobile, du bâtiment et de l’électroménager.
Le parc machines s’est régulièrement enrichi. Actuellement, 4 déchiqueteurs permettant de traiter des pièces volumineuses et des purges de production allant de 10 à une centaine de kilos, 7 broyeurs qui réduisent ensuite la matière en paillettes (granulométrie de 8à 10 mpm) et 2 silos malaxeurs qui permettent d’homogénéiser les lots en fonction du cahier des charges des clients sont à l’œuvre. La matière broyée est conditionnée en big-bag sur palettes de 900 à 1 250 kilos.
Imaginer des débouchés pour les rebuts qui n’en n’ont pas
Le parc a été structuré pour prendre en charge séparément les différentes familles de plastiques et les différents coloris. PP, PE, PET, polyamide, polycarbonate… la société recycle tous les thermoplastiques du marché pour peu qu’ils possèdent un exutoire. "La recherche de débouchés est l’un des principaux enjeux. Toute activité génère du rebut mais certaines matières n’ont aucun exutoire et ne sont donc pas recyclés. Nos 30 années d’expérience et nos nombreux essais constituent une valeur ajoutée pour trouver la meilleure solution de valorisation et éviter l’enfouissement."
C’est de cette préoccupation qu’est né Plak®. Développé depuis 4 ans par les nouveaux dirigeants, cet écomatériau 100 % recyclé et recyclable, intégralement sourcé en France, offre 2nde vie à des matières non recyclées notamment issues de la cosmétique (PETG, PCTG, PCTA…). Les plaques, à l’aspect marbré ou moucheté façon terrazzo, mesurant 2 800 mm x 1 200 mm, sont destinées à des réseaux d’agenceurs, architectes d’intérieur, chaudronniers plastiques, fabricants de PLV, pour concevoir du mobilier par exemple.
L’entreprise familiale (2,15 M€ de chiffre d’affaires en 2025) emploie 8 personnes et recycle quelque 3 500 T de plastiques par an, réinjectés dans l’industrie française à 70%, en Italie-Allemagne (25%) et Espagne-Benelux (5%). "Notre objectif est d’élargir nos marchés d’approvisionnement afin de passer à 4 000 t de matière traitée sur nos installations."
Reval Plastiques a à cœur d’accompagner ses clients et les filières sur la question de la recyclabilité en apportant des services et solutions adaptés à chacun. "Nous favorisons au maximum la mise en place d’une économie circulaire, afin que nos fournisseurs soient également nos clients, en leur proposant des prestations à façon pour qu’ils puissent réintégrer leurs matières dans leurs productions."
La région compte 4 entreprises de revalorisation des plastiques, dont de très grosses entités ; la France, une trentaine de la taille de Reval Plastiques. La nouvelle génération de dirigeants compte bien laisser son empreinte et continuer à œuvrer dans le sens d’une économie circulaire.