Turgis et Gaillard Industrie Bourgogne : 30 années de spécialisation sur le prototype et la pièce unitaire en chaudronnerie-tuyauterie
Publié le 14 janv. 2026, Modifié le 14 janv. 2026 - Écrit par Tiphaine Ruppert-Abbadi
En 3 décennies, qu’elle a célébrées en 2025, l’entreprise Turgis et Gaillard Industrie Bourgogne, à Bretenière (21), a connu plusieurs vies. En 1996, année de création à Longvic (21), elle s’est d’abord appelée Chaudronnerie Services Beaudegard (CSB).
En 2006, elle est rachetée par Laurent Pichot : le nom est conservé et le nouveau propriétaire allie son savoir-faire à celui de CRD, une entreprise de tuyauterie et travaux sur site. En 2011, les 2 entités déménagent sur le site actuel.
En 2017, Laurent Pichot les vend au groupe Turgis et Gaillard, acteur de l’armement et de la défense. CSB et CRD fusionnent, et prennent le nom de Turgis et Gaillard Industrie Bourgogne (TGIB). "Nous sommes spécialisés dans la production de pièces unitaires et de prototypes. Nous fabriquons des pièces variées, par exemple des sous-ensembles mécano-soudés pour des machines spéciales, mettons en place des systèmes robotisés en partenariat avec le bureau d’études", indique Laurent Pichot, toujours à la tête de l’entreprise chaudronnerie-tuyauterie.
Il peut s’agir de skid de filtration pour l’industrie nucléaire, de tuyauterie inox pour le transport de carburant ou encore de diffuseurs en inox et de passerelles suspendues. TGIB s’adresse aussi à l’industrie agroalimentaire et à des secteurs comme la construction, avec la fabrication d’installations mobiles pour les chantiers.
Évolutions sociales et techniques
En 30 ans, la société a vu les pratiques et la culture d’entreprise évoluer. Ainsi, elle a mis en place en 2022 la semaine de 4 jours, initialement pour pallier l’augmentation des tarifs de l’énergie. "On ne travaillait déjà pas le vendredi après-midi, cela avait donc du sens. Nous travaillons 8,75/jour et personne ne voudrait faire marche arrière", constate le dirigeant.
Aujourd’hui, TGIB doit faire face à un autre défi : la pénurie de chaudronniers et de compétences en soudure. La société en compte 9, dont 3 très expérimentés, sur un effectif total d’une vingtaine de personnes. Comme une poignée d’autres entreprises en Bourgogne-Franche-Comté, elle a investi dans une cellule de soudure laser. "Recruter de vrais chaudronniers représente une réelle difficulté. Je constate notamment un manque en matière d’enseignement. La soudure laser est plus facile d’accès que la soudure traditionnelle, elle permet donc d’attribuer ces tâches à des profils moins spécialisés. Cela valorise les salariés concernés et libère du temps aux chaudronniers plus aguerris."
Bien que la soudure laser reste pour l’instant une pratique marginale – à peine 10% des travaux de soudures de l’entreprise – elle offre également des atouts d’un point de vue technique : n’étant pas soumis à la même chaleur, le métal se déforme moins. Le résultat est une soudure plus précise et plus esthétique, un critère important pour certains clients. Sur certaines matières, tel l’aluminium, le temps de soudure est divisé par 2 au minimum. Toutefois, l’aluminium ne constitue que 10% des métaux travaillé au sein de l’atelier (60% d’acier et 30% d’inox).
Réduire la facture énergétique, travailler au bien-être des salariés, trouver des solutions pour rester performante sont autant de leviers pour tenter de répondre aux enjeux de la conjoncture actuelle. En 2024-2025, le chiffre d’affaires de TIGB s’élève à 3,1 M€ mais "1 à 2 clients déposent le bilan chaque année", déplore l’industriel.