Industrie

Agrément Apple : un élément central dans la stratégie de croissance de BSE Electronic

Publié le 16 déc. 2025, Modifié le 30 déc. 2025 - Écrit par Tiphaine Ruppert-Abbadi

Qu’il s’agisse des services que l’entreprise propose ou de ses moyens de production, la capacité à se démarquer prévaut chez BSE Electronic (Le Creusot – 71), concepteur et fabricant indépendant de cartes électroniques et produits complets intégrés. Majoritairement connectés (produits IoT), les systèmes électroniques du sous-traitant alimentent les marchés du luxe, du sport, du multimédia, de la sécurité, de l’industrie, de l’énergie, de la santé et du bien-être. La démarche qualité irrigue l’ensemble des process mis en place au sein de la société, parmi les 30 sous-traitants électroniques français les plus importants. "Cela s’applique dès la réception du cahier des charges du client, puis tout au long de la vie du produit, grâce notamment à l’AOI 3D (Inspection Optique Automatisée), jusqu’aux contrôles finaux par tests fonctionnels", souligne Sandrine Tadzik, directrice commerciale chez BSE Electronic, qui compte une centaine de salariés.

Le MFi, incontournable pour accéder à l’écosystème Apple

Cela concerne également les conditions de stockage des composants, selon leur typologie ou encore leur niveau de sensibilité à l’humidité (MSL) à respecter. Par exemple, les composants qui entrent dans la fabrication homologuée d’accessoires compatibles avec les produits Apple (2 Mds d’appareils actifs dans le monde) bénéficient d’un stockage spécifique pour en garantir la traçabilité.

Depuis, 10 ans l’électronicien de Saône-et-Loire fait en effet partie de la liste des entreprises agrées par la firme américaine à travers son programme Made For iPhone/iPad/iPod (MFi). Ce MFi permet aux fabricants approuvés d’accéder à la documentation, aux protocoles et aux composants Apple, pour implémenter ces derniers sur des cartes en tout conformité. "Sinon, il serait impossible d’en acheter et de produire des accessoires compatibles avec l’écosystème Apple. Concernant les accessoires, il peut s’agir de chargeurs de batterie, de systèmes de géolocalisation ou audios", indique Benjamin Capri, directeur R&D chez BSE Electronic. Pour le client, c’est aussi une porte d’entrée vers l’Apple store et le droit d’apposer le sigle à l’effigie de la plus célèbre des pommes sur son packaging.

Un fort accent est donc mis sur les conditions d’entreposage, particulièrement sécurisées : "L’approvisionnement des composants est très calibré afin d’éviter les dérives ou les détournements. Les composants fournis pour les phases d’essai ne peuvent pas être utilisés pour les produits qui seront mis sur le marché", reprend Benjamin Capri. "C’est un processus itératif, très complexe, qui nous a demandé de revoir certains aspects de nos procédures aussi bien sur la conception que sur la fabrication ou le système qualité. De mon point de vue, cela est très rassurant quant à la fiabilité de l’agrément", ajoute Sandrine Tadzik.

Au bout d’une décennie, la société creusotine revendique son expertise. "Aujourd’hui, nous offrons un accompagnement maîtrisé et reconnu. Certains prospects s’adressent à nous parce que nous sommes MFi et nous montrerions très réactifs lorsqu’ils décident de produire ce type d’accessoires. C’est particulièrement visible sur les consultations R&D", déclare-t-elle encore. Actuellement, BSE Electronic travaille sur un système de localisation via Apple pour des vélos citadins.

+30 % de chiffre d’affaires en 1 an

L’homologation fait partie d’une stratégie globale de différenciation, essentielle pour faire face aux mutations rapides du secteur de l’électronique (cycles d’obsolescence de plus en plus courts, redéfinition des chaînes d’approvisionnement, renforcement des cadres réglementaires, complexité croissante des procédés d’industrialisation, etc.). La modernisation en continu du parc machines contribue à cette dynamique. Ainsi, chaque année, l’EMS (electronic manufacturing services) investit afin de "continuer à performer et à sécuriser les commandes de nos clients". Un axe primordial compte tenu de la forte valeur ajoutée de la production : le volant d’affaires s’étend de 350 000 € à plusieurs millions par client.

Début décembre, une nouvelle vague traditionnelle de brasage de toute dernière génération sous azote (en remplacement de la vague en place) est ainsi venue compléter l’outil de production, composé de 2 vagues sélectives, plusieurs lignes CMS (composants montés en surface), 1 rayon X, des îlots de production intégrés, 1 robot de vernissage, 1 machine de dégrappage, 1 cage de Faraday… Un large projet interne est également en cours afin d’automatiser une partie de l’activité, comme la réalisation des tests de cartes par l’IA.

La stratégie de l’entreprise porte ses fruits : après 2 années difficiles en sortie de crise sanitaire, l’activité est repartie à la hausse. En 2025, le chiffre d’affaires devrait atteindre les 16,5 M€, soit 30 % de plus qu’en 2024. Et Sandrine Tadzik de se féliciter : "Cette capacité à évoluer, à apprendre vite et à profiter des mutations du marché permet à BSE de transformer ces changements profonds en leviers de compétitivité, de fiabilité et de contribution concrète à la souveraineté technologique française".

 

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