Quelques mois après son installation dans un nouveau site de production de 1 400 m² à Virey-le-Grand (71), la société CMPhy affine sa stratégie de développement. "Nous avons désormais séparé physiquement nos activités, avec des zones dédiées au laboratoire, à la production de capteurs, aux machines de grande taille et au stockage. Nous sommes également en mesure d’accueillir nos clients dans de bonnes conditions", explique Arnaud Pelletier, fondateur de l’entreprise en mars 2017.
Le fabricant chalonnais de capteurs électromagnétiques par courant de Foucault ou magnétiques a également franchi un cap en internalisant des opérations mécaniques, mais également le câblage et le soudage, auparavant sous-traités. CMPhy réalise aujourd’hui l’essentiel de son chiffre d’affaires dans les secteurs de la défense et de l’énergie, notamment le nucléaire. L'automobile a quant à elle disparu. "Nous travaillons directement pour EDF ou Framatome, mais aussi pour des fabricants français de pièces critiques", précise le dirigeant.
Des capteurs enrichis par une couche logicielle
Passionné de sciences et de technologies, Arnaud Pelletier a renforcé les activités de recherche de l’entreprise. Deux thèses sont actuellement en cours : l’une avec le CEA de Saclay sur la fabrication de capteurs GMR (Giant Magneto Resistance), l’autre avec le laboratoire IMVIA, au Creusot, sur la robotique et l’intelligence artificielle. Une troisième thèse devrait se finaliser dans les prochaines semaines avec l'INSA de Lyon sur la caractérisation des matériaux. "L’enjeu est de nous appuyer sur des expertises académiques pour adresser des problématiques de plus en plus pointues, à l’intersection de la robotique, de l’électronique et de l’intelligence artificielle", souligne-t-il. L’entreprise explore de nouveaux sujets comme les prémices des défauts et la mesure des niveaux de contraintes dans les pièces à risque. À terme, ses capteurs électromagnétiques intégreront une couche logicielle basée sur l’IA, permettant d’analyser la microstructure des matériaux et d’identifier des défauts microscopiques.
Un premier marché à l’export en ligne de mire
L'entreprise pourrait prochainement franchir une nouvelle étape avec la signature de son premier contrat à l’international. Des discussions sont en cours avec un industriel américain intéressé par une machine de contrôle made In CMPhy. "Les échanges avancent bien. Nous espérons une livraison dans l’année. Ce client dispose de plusieurs sites de production à l’échelle mondiale, ce qui pourrait ouvrir des perspectives intéressantes", indique Arnaud Pelletier.
Parallèlement, des prospects italiens et néerlandais ont également manifesté leur intérêt. Forte de ses neuf collaborateurs, l’entreprise aborde ainsi l’année 2026 avec des perspectives de croissance prometteuses.