L’entreprise de chaudronnerie, spécialisée dans la tuyauterie aéraulique, célébrera ses 65 ans les 2 et 3 octobre. L’occasion pour les visiteurs de découvrir l’étendue des savoir-faire du métallier de Montbozon (70). Coq, éléphant, dinosaure ou encore rhinocéros, parfois reproduits à l’échelle 1 : ces derniers mois, Gindro a fait parler d’elle grâce à des réalisations peu ordinaires, loin des systèmes d’aspiration pour l’industrie automobile, pharmaceutique, nucléaire ou agroalimentaire dont elle est coutumière. "Nous nous sommes pris au jeu depuis janvier et en avons réalisé une quinzaine. Nous ne réorientons pas la société mais c’est une activité sympa pour tout le monde… et c’est tendance", souligne Sébastien Gindro, le dirigeant.
Cette évolution n’est pas la première au sein de la société, créée en 1961 par le grand-père de Sébastien. "Il a commencé dans son garage par du polissage de pare-chocs. Cela s’est développé jusqu’en 1970, avec la fin des pare-chocs inox. Il a alors fallu trouver une autre activité". Le fondateur et ses enfants se lancent dans la sous-traitance de pièces mécano-soudées puis, plus spécifiquement, dans la tuyauterie industrielle. "Cette activité est née du remplacement des tuyaux en bois par des tuyaux acier dans les meuneries."
La tuyauterie industrielle, 95% de l’activité
Dans les années 80, l’entreprise haut-saônoise intègre la fabrication de boîtes aux lettres (d’abord pour un donneur d’ordre puis en son nom propre), de portes de hall d’immeubles et d’interphone à son panel d’activités. Les effectifs sont multipliés par 5, le chiffre d’affaires par 10. Gindro emploie aujourd’hui 43 salariés et atteints les 6,5 millions d’euros. L’activité repose à l’heure actuelle à 95% sur la tuyauterie "alors que la boîte aux lettres et portes ont été notre fer de lance pendant des années".
Son histoire est aussi marquée par la scission de la société, au milieu des années 90. La fratrie se répartit l’activité : d’un côté les interphones, de l’autre les boîtes aux lettres et la tuyauterie. C’est cette partie, gérée par son père et son oncle, que Sébastien, représentant de la 3e génération, rachètera à sa famille en 2016. "Après quelques années difficiles, mon premier objectif était de pérenniser l’activité." Comment ? En s’appuyant sur la marque de fabrique de Gindro : le respect des délais. Habitué à faire face à des cycles extrêmement courts (moins d’une semaine), l’atelier a mis au point une organisation agile et réactive, particulièrement utile lors de la montée en cadence et confortable quand les délais de commande se sont allongés. "En 2025, nous avons livré 3000 commandes sans aucun retard. C’est un engagement. Nous avons aussi développé la polyvalence de nos ouvriers. Chez nous un maximum de personnes doivent pouvoir faire le maximum de choses." Sur ses prix, le dirigeant estime par ailleurs être redevenu compétitif.
Deux robots de soudage MIG et par point entrent à l’atelier
Pour Gindro, qui au fil des années a nourri un catalogue de plus de 50 000 articles (200 pièces standards disponibles en 32 diamètres, différentes épaisseurs et en acier, galva et inox), les années à venir rimeront avec accroissement des pièces sur plan. Jusqu’ici le chaudronnier était surtout sollicité pour de la pièce unitaire mais la commande évolue. "Il y a 10 ans, cette activité représentait 200 000 €, aujourd’hui c’est plus de 1 M€ ! Les clients nous demandent davantage de pièces issues de leur catalogue, souvent un peu plus techniques, notamment pour le nucléaire."
Pour répondre aux exigences de cette clientèle, GINDRO a investi dans la soudure : certification de soudeurs, achat d’une cabine de soudure laser et tout récemment d’un robot de soudage MIG, utile pour gagner en temps de soudure et en régularité. Un deuxième robot, de soudage par point, vient de faire son entrée en complément d’une nouvelle machine à colliers, acquise fin 2025. Celui-ci vient palier les gestes très répétitifs de l’assemblage de 60 000 colliers/an. "Comme pour la soudure laser, nous cherchons à appréhender cet outil et à arrêter de se dire qu’un robot, c’est compliqué."
Une façon aussi d’anticiper le départ en retraite de l’opérateur à ce poste d’assemblage. "Nous ne sommes pas sûr de lui trouver un remplaçant", pressent le chef d’entreprise, qui pointe aussi les efforts réalisés en matière de conditions de travail : rafraichisseurs d’air à l’atelier depuis 3 ans, tables élévatrices aux postes de travail, système d’intéressement, organisation du temps de travail… "Il faut que les gens soient bien. Ce sont eux qui travaillent, pas les machines."