Pour 2026, le salon Global Industrie (GI) sera parisien. Du 30 mars au 2 avril prochains, 2 500 exposants dont 63 industriels de Bourgogne Franche-Comté, 60 000 professionnels y sont attendus. Plus de 3 000 machines seront mises en fonctionnement sur 100 000 m². Le plus grand événement industriel de France se déroulera comme chaque année paire à Villepinte, les éditions impaires ayant lieu à Lyon.
Un salon stratégique pour diversifier ses marchés
Chaque édition a son propre public : pour 70% d’exposants en commun, seuls 12% des visiteurs se déplacent à Paris et à Lyon. « Les grands groupes et les personnes décisionnaires sont plutôt à Paris, nous y rencontrons d’autres typologies de donneurs d’ordre », abonde Christophe Laville, dirigeant de MBP Innovation, usineur de précision à Autechaux (25), spécialisé dans le tournage et fraisage 5 axes à destination des énergies, de l’industrie ou encore du nucléaire civil. "Aujourd’hui, 20% de nos clients réalisent 80% de notre chiffre d’affaires. Nous participons au salon pour renforcer notre présence dans les domaines où nous sommes déjà actifs comme l’industrie ou le nucléaire, mais surtout pour diversifier nos débouchés."
Emmanuel Charles, dirigeant de Plast Moulding, entreprise de fabrication de pièces d’aspect et techniques en injection plastique monomatière, bi matière et surmoulage, constate : "Nous avons davantage de retours commerciaux à Lyon, mais nous participons à toutes les éditions car nous touchons des zones géographiques bien distinctes, notamment l’Ouest quand nous sommes à Paris. » Dotée notamment de 17 presses bi matière et de presses verticales, la société bisontine (25) cherche, depuis plusieurs années, à élargir ses horizons. « Depuis toujours, notre expertise s’est développée dans le secteur automobile, toutefois, les applications de l’injection plastique s’étendent bien au-delà de ce domaine. C’est pourquoi, depuis plusieurs années, nous diversifions nos secteurs d’activité. Nous avons, par exemple, récemment réalisé des pièces d’aspect avec gravure laser pour le domaine médical et du mobilier, marquant ainsi notre entrée sur deux nouveaux marchés."
Valoriser de nouveaux savoir-faire
La société Business Alu Mazué (Joigny – 89 et Reims – 51) fabrique des pièces complexes et techniques en aluminium par fonderie par injection, coquille ou sable (v-process). Au salon, qu’elle juge très porteur, elle mettra notamment en avant ses process, basés sur "l’agilité, un fort niveau d’automatisation pour garantir notre compétitivité sur un marché européen et mondial, et un parc machine de 14 presses, prévu pour traiter de gros volumes", détaille Benjamin Janvier, directeur commercial. Présents dans des domaines très variés, des énergies au médical en passant par le traitement de l’air ou l’aéronautique, la fonderie espère, lors de l’événement, capter des équipementiers de rang 2, mais également valoriser son savoir-faire en usinage.
Julien Pessey, responsable commercial chez Cenats à Serre-les-Sapins (25), souligne de son côté : "Pour nous, GI est un salon historique et stratégique car il est multisectoriel. Nous sommes très ancrés dans l’aéronautique et cherchons à nous diversifier. Grâce à notre croissance, nous avons de nouveaux savoir-faire à montrer en matière d’assemblage et d’usinage de précision, notamment l’électroérosion. Toute l’entreprise sera représentée sur notre stand de 24 m² : la direction, le bureau des méthodes, les chefs de projets, des responsables de production, la supply chain… "
Positiver l’industrie
Positiver, c’est le mot d’ordre de cette édition. L’objectif est aussi de démontrer qu’une industrie forte est indispensable à une économie forte. Une enquête menée par l’organisateur GL Events et Ipsos révèle que 93 % des Français interrogés en sont convaincus, tout comme 85% du panel se disent prêts à payer plus cher pour un produit fabriqué en France. Ils seraient également 76% à être enclins à épargner sur un livret destiné à financer la réindustrialisation de la France. Proactif, Christophe Laville a lui aussi augmenté sa surface d’exposition. "Nous avons réservé 6 m² de plus que les autres années sur le pavillon de la Région Bourgogne-Franche-Comté, soit 24 m² (en partenariat avec la société MBP). J’espère que le contexte ne freinera pas trop les projets." Parmi les nouveautés qu’il présentera, un deuxième centre d’usinage DMG DMU60 Evo avec robot Erowa et l’obtention de la norme ISO 9001, prévue pour fin 2026.
Global Industrie, un salon souvent porteur pour convertir les prospects
"L’aéronautique se porte bien et offre de belles perspectives mais, dans le cadre de notre diversification, il est important pour nous d’observer les tendances actuelles. Dans nos liens avec nos sous-traitants, nous nous apercevons bien que certains secteurs souffrent », reprend Julien Pessey. Il note toutefois, confiant : « Nous avons toujours transformé des prospects rencontrés ici en clients. "
BSE Electronic, société du Creusot (71) spécialisée dans la conception et la fabrication de cartes et de produits électroniques intégrés, épouse la ligne du salon. "Nous connaissons bien ce à quoi l’on doit faire face aujourd’hui, concernant notamment la tension sur certains composants. Cependant, nous constatons que des projets émergent. De plus, on ne peut pas amener 100 collaborateurs à la performance avec du pessimisme, nous devons nous réinventer chaque jour. Cette capacité à réagir vite, c’est toute la force d’une PME", confirme Sandrine Tadzik, directrice commerciale. Autre raison à l’optimisme pour l’électronicien de pointe, le bénéfice retiré de sa participation à l’édition lyonnaise en 2025. « Nous y avons rencontré deux très beaux clients, avec des projets de la conception à la fabrication », indique Benjamin Capri, directeur de la R&D chez BSE. "Il y a des synergies à trouver pour proposer des prestations globales et gagner ensemble, dans l’esprit de la French Fab", ajoute sa collègue, également ambassadrice du collectif en Saône-et-Loire et du made in France.
De la tôlerie à la fabrication additive, toute l’industrie sur 100 000 m²
Sur les 100 000 m² de salon se côtoieront 14 univers industriels différents, de l’assemblage à la tôlerie, de la robotique au traitement de surface, en passant par la vision industrielle, l’industrie circulaire ou encore la fabrication additive. C’est également toute la chaîne de valeur qui sera représentée. Différentes animations seront mises en place, dont le village des technologies numériques, l’entrepôt connecté et le booster, sorte de programme d’accélération condensé. La programmation fait la part belle aux thématiques incontournables du moment : impact environnemental, énergie et bien sûr, intelligence artificielle.
Faire découvrir l’industrie à quelque 8 000 jeunes
De quoi séduire le jeune public ? En 4 jours, 8 000 scolaires, étudiants et autres potentiels candidats sont attendus, avec des animations qui s’adressent directement à eux. Le concours Golden Tech s’inscrit dans le prolongement des WorldSkills : il mettra en compétition les talents émergents de l’industrie. Par ailleurs, GI Avenir a été pensé comme un levier de promotion et de recrutement à travers notamment des ateliers de découverte et un job dating. Chez BSE, on salue cette main tendue à la jeunesse : "Les écoles, comme Polytech ou l’IUT Mesures Physiques, Génie Electrique, Techniques de commercialisation et Génie Mécanique font partie de notre écosystème. Travailler avec les étudiants, les professionnels de demain, nous permet d’avoir un regard neuf, de dépoussiérer les vieilles pratiques ! " Pour Benjamin Janvier, qui organise de son côté la transmission des compétences chez BAM pour pallier les futurs départs en retraite, la présence de candidats prend tout son intérêt : "La fonderie est un métier passionnant mais difficile, qui ne s’apprend pas à l’école. Nous trouvons peu de candidats compétents pour la fonderie dans la tranche 25-45 ans, même si les métiers d’atelier sont moins pénibles aujourd’hui." Et d’affirmer comme pour convaincre : "Désormais, on ne parle plus de verseurs de métal mais de conducteurs de ligne ! "